Guide de Bonnes Pratiques de protection des eaux souterraines
Introduction du guide
La Montérégie dépend largement des eaux souterraines pour l’approvisionnement en eau potable. Cette ressource fait cependant face à une pression croissante. L’urbanisation, l’augmentation des besoins résidentiels, agricoles et industriels, ainsi que diverses sources de contamination fragilisent les nappes phréatiques. À ces enjeux s’ajoute l’intensification des épisodes de sécheresse, qui a été particulièrement marquée en 2020, 2021 et 2025. La région se retrouve parmi les plus vulnérables du Québec en matière de stress hydrique, avec des impacts déjà observés tels que l’assèchement de puits, le tarissement de cours d’eau, l’assèchement des sols et une augmentation du risque de feux de forêt.
Dans ce contexte, la protection des eaux souterraines et des zones de recharge devient essentielle, car ces zones assurent le renouvellement des aquifères, soutiennent les débits d’étiage et contribuent à la stabilité des écosystèmes. Le changement climatique accentue cette pression : bien que le Québec connait une hausse en précipitations annuelles, l’extrême sud de la province — dont la Montérégie — ne profitera probablement pas de cette augmentation en été, la période critique pour la recharge des eaux.
Depuis 2023, les municipalités ont un rôle accru dans la gestion durable de l’eau, devant intégrer des mesures explicites de protection dans leurs outils d’aménagement. Le projet Re‑Source s’inscrit dans cette dynamique en améliorant la connaissance des zones de recharge des aquifères superficiels et en produisant une cartographie des zones d’intérêt hydrique.
Le Guide de bonnes pratiques issu de ce projet vise à soutenir les municipalités et les organismes de bassin versant. Il présente un portrait général des eaux souterraines en Montérégie, décrit les usages et pressions qui les affectent, vulgarise les résultats scientifiques du projet Re‑Source et propose 29 fiches de bonnes pratiques réparties en six thématiques : l’économie d’eau, la prévention de la contamination, l’aménagement du territoire, l’infiltration et la recharge, la surveillance et le transfert de connaissances.
Comment naviguer dans le guide
Le projet Re-Source est un projet régional montérégien coordonné et administré par le COBAVER-VS
Notions de base sur les eaux souterraines
Ce chapitre présente les notions de base sur les eaux souterraines en se référant principalement aux ressources disponibles sur le site du Réseau québécois sur les eaux souterraines (RQES), incluant l’ouvrage de vulgarisation préparé par un comité de travail du RQES (Ferlatte et al, 2014). Certaines informations techniques s’appuient sur des articles scientifiques, les projets d’acquisition des connaissances sur les eaux souterraines (PACES) et d’autres sources originales de données.
Le présent chapitre débute en abordant les éléments suivants : le rôle des eaux souterraines dans le cycle de l’eau, la définition d’un aquifère, d’une nappe phréatique et la distinction entre les deux, ainsi que les types d’aquifères et de nappes, selon leur degré de confinement. Il décrit ensuite les aspects suivants : le processus naturel de la recharge des aquifères, les facteurs anthropiques qui peuvent influencer cette recharge, l’évaluation de recharge annuelle des aquifères, l’identification des zones de recharge préférentielle et enfin, la détermination de la vulnérabilité des aquifères.
Portrait des eaux souterraines provenant des aquifères régionaux de la Montérégie
Le portrait des eaux souterraines provenant des aquifères régionaux de la Montérégie est basé sur les résultats des projets d’acquisition de connaissances sur les eaux souterraines (PACES) réalisés en Montérégie Est (Carrier et al, 2013) et en Vaudreuil-Soulanges (Larocque et al, 2015), ainsi que sur les données présentées dans l’Atlas du bassin versant de la rivière Châteauguay (Côté et al, 2006). Les zones étudiées par l’ensemble de ces travaux correspondent au territoire de la Montérégie avant son redécoupage administratif en 2021, lequel a mené au transfert à l’Estrie des territoires administrés par les municipalités régionales de comté (MRC) de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi.
Le portrait s’appuie également sur les Plans directeur de l’eau des cinq (5) organismes de bassin versant (OBV) dont la zone de gestion est comprise dans la Montérégie : COBAVER-VS, SCABRIC, COVABAR, OBV Yamaska et OBV de la baie Missisquoi. Il puise enfin dans les renseignement fournis sur la Montérégie dans le cadre du projet de recherche participative d’alternatives durables pour la gestion de l’eau en milieu agricole dans un contexte de changement climatique (RADEAU, phase 1 : 2016-2019) (Charron et al, 2019).
Le présent portrait décrit les caractéristiques des aquifères régionaux de la Montérégie et de leurs eaux souterraines en fonction de trois zones étudiées dans les PACES et l’Atlas, soit la zone Vaudreuil-Soulanges, la zone Châteauguay et la zone Montérégie Est (Tableau 1). Il aborde les conditions de confinement des aquifères rocheux régionaux, les valeurs de recharge annuelle, les zones de recharge préférentielle, la vulnérabilité intrinsèque des aquifères, ainsi que la géochimie et la qualité des eaux souterraines. Les données présentées ont été originalement colligées pour formuler des conclusions à l’échelle régionale (pour chacune des trois zones).
Usages de la ressource en eau souterraine en Montérégie
La première partie du chapitre offre un portrait général de la consommation d’eau souterraine et la proportion que cette consommation occupe par rapport à l’ensemble de l’eau utilisée (surface et souterraine), à l’échelle de la Montérégie, ainsi que dans les trois zones étudiées.
La deuxième partie approfondit l’examen de cette consommation en fonction des trois principaux secteurs d’utilisation, en débutant par le secteur résidentiel, puis le secteur agricole et enfin le secteur industriel, commercial et institutionnel (ICI).
Pressions anthropiques et problèmes d’approvisionnement concernant l’eau souterraine en Montérégie
Le présent chapitre examine les pressions anthropiques touchant la quantité et la qualité de l’eau souterraine en Montérégie, ainsi que les problèmes d’approvisionnement en eau. Dans un premier temps, le chapitre traite des pressions anthropiques. Il commence par un survol des données issues de l’Atlas et des PACES par rapport à la quantité d’eau souterraine disponible et au potentiel aquifère des zones étudiées. Il fournit ensuite un aperçu des volumes d’eau souterraine prélevés en 2022 par les grands utilisateurs de la région. Il se poursuit par un portrait des principales sources anthropiques de contamination des eaux souterraines. Il conclut l’examen des pressions en présentant quelques indicateurs qui permettent d’apprécier l’état de situation de la ressource aux échelles régionale et municipale.
Dans un deuxième temps, le chapitre décrit certains problèmes chroniques ou ponctuels que la région connaît ou a connu concernant l’approvisionnement en eau souterraine. Des problèmes relatifs à la quantité sont d’abord abordés, puis ceux relatifs à la qualité. Ces informations sont présentées en fonction des trois zones étudiées : Vaudreuil-Soulanges, Châteauguay et Montérégie-Est. À cela s’ajoute l’insertion de quelques cas de municipalités locales, lorsque la disponibilité des informations le permet.
Thème 1 - L'économie d'eau
Le saviez vous? Au Québec, les eaux souterraines sont une source importante d’eau potable.
Quels sont les leviers dont disposent les municipalitées locales et régionales en matière d’économie d’eau?
Quels sont les financements disponibles pour les municipalités souhaitant économiser l’eau?
Bonne pratique # 1 – Réglementer les usages non essentiels de l’eau potable distribuée par le réseau d’aqueduc municipal.
Bonne pratique # 2 – Sensibiliser les citoyens de manière active et soutenue au sujet de l’économie d’eau, en s’appuyant sur une combinaison d’approches.
Bonne pratique # 3 – Adopter des dispositions normatives au schéma d’aménagement et de développement, afin d’éviter d’importants conflits d’usage.
Bonne pratique # 4 – Encourager les grands préleveurs du secteur industriel à déployer de bonnes pratiques de gestion de l’eau.
Comment ces bonnes pratiques se traduisent-elles sur le terrain ?
Chacune de ces quatre bonnes pratiques est illustrée par des exemples concrets recensés en Montérégie ou ailleurs
Thème 2 - La prévention de la contamination des eaux souterraines
Le saviez vous? Les eaux souterraines sont naturellement filtrées par le sol lors de l’arrivée des précipitations ou de l’eau de fonte.
Quels sont les leviers dont disposent les municipalitées locales et régionales en matière de prévention de la contamination des eaux souterraines?
Quels sont les financements disponibles?
Bonne pratique # 5 – Apporter des mesures de protection additionnelles dans les zones sensibles du territoire, afin de complémenter le Code de gestion des pesticides.
Bonne pratique # 6 – Informer les citoyens, agriculteurs, commerces et industries au sujet de la vulnérabilité des zones sensibles et des règles et bonnes pratiques existantes, afin d’éviter l’entreposage, la préparation et l’application de pesticides près ou dans ces zones.
Bonne pratique # 7 – Tenir un registre des activités potentiellement polluantes situées en zones de recharge et dans les aires d’alimentation des puits municipaux.
Bonne pratique # 8 – Dans les cas d’installations septiques désuètes ou défectueuses, assurer la mise aux normes, voire le remplacement de ces installations ou, si possible, privilégier le raccordement au système d’égout sanitaire.
Bonne pratique # 9 – Se doter d’un plan de gestion environnementale des sels de voirie, tel que préconisé dans la stratégie québécoise.
Bonne pratique # 10 – Exiger l’instauration d’une bande tampon autour des milieux humides et interdire les activités potentiellement polluantes en leur sein.
Bonne pratique # 11 – Se doter d’un plan de mesures d’urgence en cas de rejet/déversement de substances polluantes dans les milieux sensibles.
Comment ces bonnes pratiques se traduisent-elles sur le terrain ?
Chacune de ces sept bonnes pratiques est illustrée par des exemples concrets recensés en Montérégie ou ailleurs.
Thème 3 - La planification de l’aménagement du territoire municipalisé basée sur la connaissance des eaux souterraines
Le saviez vous? La planification de l’aménagement du territoire est un processus hiérarchique qui dépend des visions provenant des paliers supérieurs.
Quels sont les leviers dont disposent les municipalités locales et régionales afin d’intégrer les connaissances sur les eaux souterraines dans la planification de l’aménagement du territoire municipalisé?
Quels financements sont disponibles pour la planification de l’aménagement du territoire municipalisé basée sur la connaissance des eaux souterraine?
Bonne pratique # 12 – Poursuivre l’acquisition de connaissances sur les eaux souterraines et leurs zones de recharge aux paliers local et régional.
Bonne pratique # 13 – Sensibiliser les citoyens de manière active et soutenue au sujet de l’économie d’eau, en s’appuyant sur une combinaison d’approches.
Bonne pratique # 14 – Élaborer des produits cartographiques alliant les connaissances sur les eaux souterraines et celles sur l’utilisation du territoire, afin de mieux planifier les aménagements futurs et les mesures de prévention, de protection, et/ou de surveillance requises.
Bonne pratique # 15 – Réaliser des plans de protection des sources d’approvisionnement en eau potable (PPSEP) à l’échelle locale ou régionale et prévoir un programme de suivi afférent à l’échelle locale.
Bonne pratique # 16 – Collaborer entre partenaires d’une zone de gestion donnée pour élaborer un plan d’action pour la protection et la gestion durable des eaux souterraines, en recourant à l’expertise scientifique nécessaire.
Comment ces bonnes pratiques se traduisent-elles sur le terrain ?
Chacune de ces cinq bonnes pratiques est illustrée par des exemples concrets recensés en Montérégie ou ailleurs
Thème 4 - La promotion de l’infiltration de l’eau dans le sol et de la recharge des aquifères
Le saviez vous? La « recharge » fait référence au volume annuel de précipitations liquides et solides qui rejoint les aquifères.
Quels sont les leviers dont disposent les municipalités locales et régionales en matière de promotion de l’infiltration de l’eau dans le sol et de la recharge des aquifères?
Quels financements sont disponibles?
Bonne pratique # 17 – Renforcer les « pratiques de gestion optimales » de l’eau et d’autres pratiques favorisant l’infiltration de l’eau en secteur agricole.
Bonne pratique # 18 – Inciter les municipalités à gérer de manière plus durable leurs eaux pluviales.
Bonne pratique # 19 – Adopter des règlements municipaux qui favorisent l’infiltration des eaux pluviales sur les terrains publics et privés.
Bonne pratique # 20 – Soutenir les initiatives de déminéralisation et de verdissement des espaces publics, ainsi que l’aménagement de bandes riveraines en milieu urbain.
Bonne pratique # 21 – Établir une valeur limite quant aux débits qui peuvent être rejetés dans les cours d’eau.
Bonne pratique # 22 – Adopter des dispositions normatives au schéma d’aménagement ou des règlements municipaux visant à protéger les milieux naturels en surface et à proximité des zones de recharge prioritaire, incluant l’interdiction de remblai, déblai et drainage des milieux humides.
Comment ces bonnes pratiques se traduisent-elles sur le terrain ?
Chacune de ces six bonnes pratiques est illustrée par des exemples concrets recensés en Montérégie ou ailleurs.
Thème 5 - La surveillance et le suivi de l’état des eaux souterraines
Le saviez vous? Les ressources en eaux souterraines sont vitales pour l’alimentation en eau potable, l’irrigation des cultures et pour le maintien des écosystèmes aquatiques.
Quels sont les leviers dont disposent les municipalités locales et régionales en matière de surveillance et de suivi de l’état des eaux souterraines ?
Quels financements sont disponibles pour les municipalités ?
Bonne pratique # 23 – Définir et mettre en place un réseau régional de suivi des eaux souterraines, incluant l’installation de puits d’observation aux endroits stratégiques et communiquer régulièrement les résultats à la population.
Bonne pratique # 24 – Instaurer un programme d’inspection des installations septiques présentant un risque élevé de contamination des eaux souterraines.
Bonne pratique # 25 – Instaurer un programme municipal de suivi du niveau des nappes d’eau qui alimentent le réseau de distribution.
Comment ces bonnes pratiques se traduisent-elles sur le terrain ?
Chacune de ces trois bonnes pratiques est illustrée par des exemples concrets recensés en Montérégie ou ailleurs.
Thème 6 - Le transfert des connaissances sur les eaux souterraines et l’accompagnement des gestionnaires de la ressource en eau
Le saviez vous? Des obligations récentes envers les municipalités locales et régionales contribueront à produire et intégrer davantage de connaissances sur les eaux souterraines dans les documents de planification.
Quels sont les organismes pouvant jouer un rôle en matière de transfert de connaissances sur les eaux souterraines et d’accompagnement des gestionnaires de l’eau?
Quels financements sont disponibles pour le transfert de connaissances sur les eaux souterraines et l’accompagnement des gestionnaires de la ressource en eau?
Bonne pratique # 26 – Rendre accessibles aux acteurs de l’eau les cartes montrant la localisation des puits municipaux, la délimitation de leurs aires de protection, ainsi que la vulnérabilité intrinsèque des aquifères dans ces aires, comme le prévoient le RPEP et les OGAT.
Bonne pratique # 27 – Produire des cartes, affiches et autres visuels de synthèse pour rendre accessibles les informations et les enjeux concernant les eaux souterraines et leurs zones de recharge, à partir des données disponibles aux paliers national, régional et local.
Bonne pratique # 28 – Recourir aux organismes de concertation des acteurs de l’eau, pour former et animer une communauté de pratique sur la protection et la gestion durable des eaux souterraines.
Bonne pratique # 29 – Solliciter les OBV et Comités ZIP afin d’agir comme courroie de transmission entre les recherches sur les eaux souterraines menées sur leur territoire et les besoins d’informations des décideurs locaux et régionaux.
Comment ces bonnes pratiques se traduisent-elles sur le terrain ?
Chacune de ces quatre bonnes pratiques est illustrée par des exemples concrets recensés en Montérégie ou ailleurs.
Commentaires
Carte de localisation des bonnes pratiques
À venir
